Beaucoup de propriétaires et de locataires se posent aujourd’hui cette question : comment un logement très bien classé au DPE (étiquette A ou B) peut-il devenir une véritable fournaise en été ? Un exemple frappant a été rapporté récemment : un appartement classé B a atteint 36°C lors d’un épisode de canicule. Comment expliquer un tel écart ? Que dit réellement le DPE à ce sujet ?
La lettre DPE : un indicateur avant tout centré sur l’hiver
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d’énergie d’un logement. Il mesure aussi ses émissions de gaz à effet de serre. La fameuse étiquette de A à G reflète donc essentiellement la performance du logement en matière de chauffage et d’isolation thermique hivernale.
Les réglementations thermiques qui encadrent le DPE ont, en quelque sorte, un ADN hiver. Elles cherchent avant tout à limiter les déperditions de chaleur. L’objectif est de conserver la chaleur du chauffage. Un objectif logique, mais qui n’apporte aucune garantie sur le comportement du logement l’été.
Le confort d’été : un indicateur distinct du DPE moins connu

Beaucoup ignorent que le DPE comporte une mesure du confort estival. Cette mesure reste peu mise en avant. Il s’agit d’un « smiley », séparé de la note énergétique, qui repose sur cinq critères précis :
- La présence de protections solaires aux fenêtres (volets, stores)
- L’existence de brasseurs d’air
- Le caractère traversant du logement (permettant une meilleure circulation de l’air)
- L’inertie du bâtiment
- D’autres éléments liés à l’exposition et la configuration du logement
Un logement peut donc afficher une étiquette énergétique excellente. Il peut pourtant obtenir un smiley « insuffisant » pour le confort d’été. C’est précisément le cas lorsque les parois vitrées orientées sud, est ou ouest ne disposent d’aucune protection solaire.
Pourquoi cet écart entre note énergétique et confort réel ?
On estime qu’environ 70% de la chaleur qui pénètre dans un logement l’été provient du rayonnement solaire à travers les fenêtres.
Ce facteur n’entre absolument pas en compte dans le calcul de la lettre du DPE. L’indicateur confort d’été, lui, le prend en compte.
Autre point à souligner : l’isolation profite au confort hivernal, mais elle peut parfois jouer contre le confort estival. En isolant par l’intérieur, on réduit parfois l’inertie des parois, c’est-à-dire la capacité des murs à absorber la chaleur et à limiter les pics de température.
À l’inverse, de vieilles maisons aux murs épais en pierre, souvent mal notées au DPE, peuvent mieux traverser un pic de chaleur ponctuel grâce à cette inertie naturelle. Les murs absorbent la chaleur le jour. Ils la restituent progressivement, ce qui retarde et lisse la montée en température à l’intérieur. Mais cette même inertie devient un piège lors des canicules prolongées : une fois les murs « chargés » en chaleur, ils continuent de la restituer la nuit. Le logement ne peut alors plus refroidir correctement. La ventilation nocturne et les protections solaires deviennent donc cruciales, quel que soit l’âge ou les matériaux du bâtiment.
Ce qu’il faut retenir
Le DPE reste un outil réglementaire utile. Il constitue aussi une base de comparaison pertinente entre logements. Mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire thermique d’un bâtiment. La lettre de A à G informe sur la consommation d’énergie hivernale. Le smiley de confort d’été, lui, informe sur un tout autre aspect, trop souvent négligé lors de la lecture du diagnostic.
Comprendre cette distinction permet d’avoir une vision plus complète et plus juste de la réalité thermique d’un logement, en toute saison.



